Le premier atelier d’écriture virtuel de Réseau Prose

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Réseau Prose a organisé récemment son premier atelier d’écriture virtuel via le réseau social “Facebook” et a remporté un franc succès ; le but du jeu était de développer une histoire sur la base d’une photo, un coucher de soleil pour l’occasion. Un premier participant a écrit un premier texte et le suivant en écrivait la suite et ainsi de suite et voici donc ce que cela a donné au final :

UNE LUMIERE BIEN ETRANGE….

Je me souviens d’un jour d’été, un jour pas si lointain. Paisiblement installée sur la plage enfin désertée par les touristes, je regardais le soleil rejoindre l’horizon. La fraicheur commençait à tomber et n’ayant rien apporté pour me couvrir, je préférais rentrer. Mais en me levant, j’aperçus un point lumineux, au loin, dans cette eau devenue orangée. Je ne pouvais détacher mon regard de cette lumière de plus en plus vive et qui n’avait de cesse de s’approcher.

Du moins me semblait-il. Etait-ce un effet de mon imagination, ou bien le phénomène était-il réellement en train de se produire ? Mes yeux, soudain remplis de larmes, sous l’effet du rayonnement apportèrent la réponse à ma question…la « chose » existait bel et bien, et je crus l’espace d’un instant, aveuglée par l’intensité que dégageait à présent le faisceau étincelant que celui-ci allait me happer, s’emparer de moi, me réduire à néant, et curieusement, je n’éprouvais aucune crainte, comme si je m’y étais préparée depuis longtemps.

Je ne pensais pas avoir la chance de la revoir un jour. Cela faisait si longtemps maintenant. J’étais enfant quand le phénomène s’était produit et, en grandissant, je m’étais persuadée avoir rêvé cette lumière qui avait envahi ma chambre de fillette. Persuadée à tel point que je n’en avais plus jamais parlé. À personne. Pas même à Joëlle, ma meilleure amie (devrais-je dire ma seule amie ?) qui avait pourtant été la première confidente de mon expérience enfantine. Elle ne m’avait certainement pas crue, à l’époque, mais m’avait laissée rêver avec ce petit sourire qu’elle adopte toujours quand elle ne veut pas dire du mal de quelqu’un.

Enfant j’étais ? Ou enfant suis-je encore ? Car après tant d’année cette lumière est toujours la même, enfin je crois puisqu’il y a si longtemps que l’ai vu.

Depuis cette époque je me suis mise à croire aux fées, aux elfes et aux anges. Car enfin, cet être de lumière, qui m’apportait la paix qui pouvait-il être sinon un être spirituel supérieur ?

Souvent je me pose la question et me réfugie indéniablement dans le monde magique que je me suis créé. Je ferme les yeux, m’enfonce dans la brume où seule cette petite lumière me guide. Des lignes de feu apparaissent alors me lançant un message que je ne déchiffre pas toujours…

Mais la lumière demeure toujours, telle l’étoile qui montrait aux mages le chemin. Alors j’essaie d’avancer. Est-ce un rêve ou une réalité? Ma vie a-t-elle un sens? Je ne saurais dire. Toujours est-il que quand j’y pense, je ne saurais la concevoir sans cette lumière. J’ai trop peur, sans elle de m’enfoncer dans un néant irréversible.

Elle s’approchait toujours… et me renvoyait ainsi à mes peurs, à mes rêves aussi, d’enfant… Je n’avais pas beaucoup avancé, en grandissant, sur l’explication de ces phénomènes… Mais voulais-je vraiment connaître la “signification” de tout cela ? J’étais effrayée et attirée à la fois par cette lumière et, je le savais maintenant, je ne voulais surtout pas savoir…

Heureusement ou malheureusement pour elle, un bruit assourdissant la sorti de sa torpeur, elle se réveilla et se leva précipitamment, elle enfila la petite laine de sa grand-mère, sorti de sa chambre et descendit les escaliers à pas feutrés….

Vu l’intensité du bruit, elle aurait dû avoir peur. Bizarrement, elle ne le fût pas. Elle était plutôt dévorée par la curiosité. Elle ne fut pas déçue par ce qu’elle découvrit …

Curieusement, un silence accompagnait ce phénomène. Un silence lourd, pesant. Je m’aperçus avec surprise que je n’entendais même plus le léger bruit des vagues qui venaient mourir sur la grève. Mon regard se posa sur l’eau. Même les vagues avaient disparu. La mer était lisse comme une mare. En levant les yeux, je remarquai le reflet du point lumineux sur l’eau. Et ce point grossissait, grossissait, grossissait encore et qui finit par m’éblouir. Quelle ne faut pas surprise de voir que ce n’était pas un être de lumière mais un être de chair et de sang. Il portait en lui la lumière aucunement divine mais c’était un phénomène celui-là ! Sa posture, sa démarche, sa voix, son sourire ouvrant sur des dents éclatantes…. Était-ce cela cette lumière ou son aura ?

Une inquiétude profonde surgit soudainement, des monologues intérieurs dont je ne trouvais pas de réponses paisibles, son regard me transportait au delà de cet univers médiocre et monotone, sa présence reflétait mon existence, son sourire déclenchait un monde paradisiaque et angélique, un monde féerique au sein duquel nous étions une unité lumineuse, l’état où je me retrouvais ne résidait que dans le parfait or le fictif était idéal antithétique au réel ordinaire.

Je laissais mon sort tracer le chemin et partir, laissé aller dans la direction que le destin me préserve. J’osais prendre des risques et recueillir des éclats, mais j’étais terrifié de ne pas croire la réalité de ce qui était vraiment une lumière vive et véridique ou ce qui n’était qu’illusion ou fantasme et peut être que ce n’était qu’un rêve. Mais cela était difficile à combattre et à croire, même a comparer.

Il partit alors d’un rire saccadé, puissant et prolongé. Il s’arrêta enfin et me considéra. J’étais comme hébétée, je ne faisais plus confiance à mes sens. La lumière, bien que toujours là, ne m’intéressait maintenant qu’à peine tant l’apparition me subjuguait. Cet homme sorti de l’eau, qu’avait-il donc de si particulier ? Il me rappelait bien quelque chose… ou quelqu’un mais quoi, qui ? De longs instants s’écoulèrent dans un silence que trouait sa respiration, à moins que cela ne fût la mienne. Mais à qui ressemble-t-il donc, m’exaspérais-je … et tout à coup, l’éclair de compréhension jaillit ! Mais bien sûr, oui ! Sam, toi ici m’écriais-je ! Que sont devenus les autres ? Il prit seulement la peine de soupirer et, gravement, il me dit :

« Je ne peux te révéler notre secret mais je vais malgré tout te donner un indice : Cette lumière ne serait ce pas une métaphore que quelqu’un aurait provoquer pour t’éclairer sur les ombres de ta vie…… »

Bien sur qu’il y avait des ombres dans ma vie! Mais qui pouvait s’en soucier.J’étais de plus en plus perturbée et me demandais pourquoi Sam était là près de moi seul… Je me souvenais bien avoir eu avec lui et quelques amis des échanges philosophiques, mais Je ne comprenais toujours pas cet état de torpeur qui m’habitait ! Quand soudain…

La sonnerie de mon téléphone portable me fit bondir. Je venais de recevoir un message court, d’un numéro inconnu disant “une voiture t’attend tu peux la voir d’ici, rejoins la et laisse toi guider, ta vie en dépend”. Je partis donc à la rencontre de mon destin sans plus réfléchir.

Effectivement, une berline noire l’attendait devant la plage, elle ouvrit la porte avant lentement et qu’elle ne fut pas sa surprise d’y trouver au volant Franck, un ancien amant qui l’avait tant fait rêver des années durant…Elle s’assit abasourdie de revoir cet homme qu’elle avant tant aimé, elle n’osait dire un mot….

Pendant que Julie méditait dans la voiture, j’étais toujours, pour ma part à contempler la mer, encore sous le coup de l’émotion devant cet être exceptionnel. Il s’approcha de moi…

Julie était sous le choc ! Comment cet homme qu’elle avait tant aimé pouvait-il être tout à coup près d’elle ? Lui qui était parti sans un mot, sans une explication, la laissant seule avec son désespoir! Franck mit fin brusquement à ses pensées : Ecoutes ! Je sais que tout ceci peut être très perturbant pour toi, mais je te demande juste de m’écouter et ensuite tu me poseras toutes les questions que tu voudras… J’ai dû partir…un fait grave ne m’a pas laissé le choix : ta survie en dépendait, je n’ai pas voulu prendre le moindre risque !

Tout à coup un silence glacial enveloppa Julie et Franck. De la buée se formait sur les vitres de la grosse berline… Tandis que moi, je me retrouvais, nimbée par l’aura de cet être, qui maintenant me frôlait, me réchauffait … Toutefois, je ne pouvais distinguer aucun trait de son visage ! D’ailleurs, avait-il une forme humaine ?

C’est alors que éclat s’empara de moi, je perdis tout le faste que j’avais du moins réservé à la rudesse. Je me sentis comme si j’étais la personne d’une autre silhouette ou alors  comme si je portais la silhouette d’une autre personne. Comme si je vivais pour remplir un certain vide incomplet dans ce monde.

Pourquoi l’être humain devrait il porter le fardeau de l’autre, Julie et Franck sortirent de la berline et vinrent me retrouver sur la plage, nous étions face à cet être sortit d’ailleurs, qui était il? Que représentait-il ? Il fallait trouver le pourquoi de sa venue, se présentait il à nous pour que nous prenions conscience de nos erreurs passées.

Nous étions là devant lui, que représentait cette vision, ce personnage envoyé de nulle part. Il fallait fuir, ne pas se retourner, n’allait il pas nous entrainer tout simplement à la recherche d’une vérité que nous n’avions pas envie de connaitre. Nous dirigeant vers la voiture nous ressentions comme un poids sur nos épaules pourtant, en nous retournant une dernière fois, l’être avait disparu. La lumière était toujours là, où devait elle nous conduire? Nous ne le savions pas.

Trop de pensées nous assaillaient, trop de souvenirs, de bribes d’un passé que nous pensions lointain se bousculaient dans ces esprit qui étaient les nôtres, mais dont n’étions plus les maîtres. Pourquoi, comment les choses de ce passé étaient-elles revenues, en flash désordonnés s’entremêler, sans suite logique, dans une sorte d’amalgame ? Pourquoi revoyions-nous ces scènes que nous avions crus enfouies dans notre mémoire, et à quoi servaient-elles. Avaient-elles été si importantes pour nous ? Le subconscient nous les claquait-il en pleine figure comme une piqure de rappel ? Nous avions tellement l’impression de les vivre à nouveau, l’une après l’autre, sans suite logique. Pourtant, il n’y avait plus rien autour de nous, ni voiture, ni amant, ni qui, ou quoi que ce soit. Nous eûmes cette notion, pour l’avoir vécue une fois dans notre vie, il y a bien longtemps, alors que nous avions échappé de peu à la noyade dans un lac, que notre existence venait de défiler à la vitesse du son, devant nous, et sommes sortis de notre léthargie. La réalité l’emporta d’un coup. La terre et la mer étaient en train de se rejoindre, grignotant le bleu du ciel. La lumière avait changé, elle n’était plus celle qui nous avait enveloppé tout à l’heure, mais était devenue d’une pâleur menaçante. Un mur d’eau s’était formé en une immense vague assassine qui s’avançait vers le rivage dans un grondement sourd.

Derrière le tsunami, une montagne de roches surgissait du fond des mers, tutoyant l’azur. Un volcan était en train de surgir des abysses, le sol ondulait sous mes pieds. La réalité venait de prendre le dessus…un tremblement de terre ! La léthargie dans laquelle nous avions été plongé était-elle due aux pressions atmosphériques, aux forces telluriques que dégageait le séisme, nous ne saurions dire, nous n’avions plus été nous-mêmes, durant un long moment, agressés par je ne sais quelle puissance électrique ou autre, mais la réalité venait de prendre le dessus, nous étions en grave danger, et nous pensions immédiatement aux êtres chers qui attendaient notre retour, à quelques kilomètres de là seulement. Avions-nous la primeur du phénomène ? Les sismologues n’avaient-ils rien vu venir…

La voiture de Franck n’était pas loin…une seule volonté nous habitait maintenant…l’urgence était extrême : protéger les nôtres.

Urgence, urgence ! La voiture n’est pas loin, nous courons, courons… Nous n’arrivions pas à l’atteindre. Il fallait que nous franchissions tous les barrages ! Mon Dieu, aidez-nous ! Au secours ! Nous nous noyons, nous flambons … Nous avons chaud et nous avons froid … Cette lumière ! Elle nous suit ! Nous avons peur ! Aidez-nous ! Oh ! Ce taillis qui nous barre le passage, sauter, surtout sauter pour fuir, mais nos jambes ne nous portent plus …Sautons !!!

Je les savais là bas, Jérôme, mon colosse barbu, l’amour de ma vie d’aujourd’hui, mes enfants chéris, Sonia, Alexandre mes “bébés”, ils sont là bas, dans la maison de vacances au bord du rivage, et cette vague monstrueuse qui grossit inéluctablement, née de l’horizon !!! Quant va-t-elle envahir le rivage, tout dévoré sur son passage, ensevelissant d’écume et de boue êtres humains et habitations ? Nous aurions voulu goûter une fois encore avant le départ, avant la fin des vacances, au charme d’une fin d’après midi marine, pour le seul bonheur d’un instant contemplatif. Demain allait être le départ, de nouveau Paris, et le factice d’une vie que je détestais, et à laquelle je souhaitais échapper au plus tôt… C’est ici que j’aurais aimé vivre, si jamais, un jour, plus tard…Et voilà que le paradis convoité était en train de s’autodétruire. Le “jardin d’Eden” se transformait en monstre du Lock Ness, paralysant le moindre de mes mouvements. Je courais, courais… du moins c’est l’information que mon cerveau était censé me donner, et pourtant, je faisais du sur-place, comme sur une immensité gelée ou chacun de mes pas glissait vers l’arrière, pour mieux m’empêcher d’avancer. Alors je me suis laissé aller, puisque tout m’était devenu impossible. Mon corps a glissé vers l’avant, mes joues ont effleuré le sable fin, mes yeux se sont remplis de larmes, et j’ai accepté le sort auquel je ne pouvais échapper, qui semblait devoir être le mien. Soumise, j’ai alors attendu…la sentence.

Le grondement venant du large s’amplifiait. J’acceptais mon sort, quel qu’il soit, j’étais inerte, vaincue, et d’un coup, je n’eus plus peur, je m’abandonnais. La sensation qui s’était emparée de moi quand la lumière avait tout investi tout à l’heure, était revenue, je m’offrais à l’instar d’une vierge que l’on aurait autrefois sacrifiée sur l’autel.

Soudain, une violente douleur ! Où suis-je ? Ah oui, dans ma chambre, ma veilleuse allumée, et je me trouve au pied du lit. Allons me faire une tisane. La vie est bizarre parfois. C’était juste un mauvais rêve …

Ecrit par :

Sonia Scocicini – Gérard Hutinet – Kri Krine – Catherine Millet – Eric Dubois – Annick Tavernier – Jean-Michel Houssay – Céline Perrin – Elisabeth Leduc – Régine Rak – Roger Vella – Catherine Gorrichon – Faten aissaoui – Kakim Medjkoune – Amine K Amine – Martine Chaze – Liliane Laget.

Réseau Prose tient à vous remercier pour votre participation

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