Le récit de vie

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De plus en plus, la mode est aux « récits de vie ».  Mais, au fait qu’est-ce qu’un récit de vie ? Comment ça se passe ? Que peut-on en faire ? Autant de questions auxquelles je vais essayer de répondre en me plaçant du côté du demandeur d’abord, puis de celui de l’écrivain public.  Nous verrons que ce n’est pas aussi simple qu’il y paraît.

Dans un premier temps, je voudrais définir le récit de vie.  Il s’agit, en fait, d’un témoignage écrit que souhaite livrer une personne, soit sur son existence, soit sur évènement heureux ou malheureux qu’elle a vécu. Le but peut être multiple : soit laisser une trace, un exemple pour les générations futures, soit se libérer d’un fardeau, d’une souffrance…

Vous comprendrez facilement que dans chaque cas de figure le résultat n’est pas le même et c’est là que nous abordons le point de vue du demandeur. La première question à se poser est la suivante : peut-on tout raconter ? Souvent, nous avons tendance à  ne raisonner que par rapport à nous-mêmes : nous voulons raconter, alors autant y aller. Mais pour qui voulons-nous écrire ? Si le récit de vie n’est que pour soi, alors, effectivement, cela n’a pas grande importance. Si nous désirons que le récit de vie soit diffusé, même de façon restreinte, alors il convient de réfléchir au préalable. Est-ce que ce que je vais raconter ne risque pas de choquer certaines personnes ? Est-ce que je ne risque pas de faire plus de mal qu’autre chose ? Je pense, en particulier, à celles et ceux qui ont vécu des évènements douloureux. Ils pensent, parfois à juste titre, que le fait de mettre cela par écrit, contribuera à les libérer d’un poids. Mais je tiens à préciser que ce peut-être aussi une illusion, ou, en tout cas, insuffisant. Entendons-nous bien : un écrivain public n’est pas un thérapeute ! Ce n’est pas parce qu’il écrit pour vous que tout va s’arranger. Bien souvent, il faut avoir l’humilité d’aller consulter un psychiatre  qui, lui, peut vous aider  efficacement. Je ne dis pas cela pour dénaturer le travail de l’écrivain public mais pour relativiser les choses. Reste la question du destinataire. Si vous avez pour but de publier votre récit de vie ou de le diffuser autour de vous, posez-vous la question de ce que vous allez raconter. Ce d’autant plus si il met en scène, ce qui est en général le cas, d’autres personnes. Le respect de la vie privée est primordial et si elles ne sont pas d’accord cela peut se retourner contre vous. Ensuite, comme je l’ai déjà dit, certaines personnes peuvent être heurtées par vos propos. Donc tout cela est à prendre en compte.

Maintenant je vais me placer du côté de l’écrivain public. Première question : doit-il tout accepter ? Je crois qu’il faut avoir l’honnêteté de répondre non. Même s’il a besoin de clients, ce n’est pas un prétexte suffisant. Ecrire un récit de vie n’est pas chose facile, loin de là ! Il faut être capable de porter ce qu’on entend et certaines fois c’est difficile : nous ne sommes que des hommes et il faut accepter nos limites. A titre personnel, ce qui m’aide c’est ma foi qui me fait déposer auprès de Dieu ce que je serais incapable de porter seul. Il y a aussi une déontologie qui doit exister chez tout écrivain public. Je sais  qu’il y a certaines choses, dès qu’elles sont trop crues que je refuse d’entendre car cela ne correspond pas à mon éthique professionnelle et personnelle.

Une autre question est : comment fixer un tarif raisonnable et s’assurer que le client paiera  la totalité de sa prestation ? En ce qui concerne le tarif, il n’y a pas de règle préétablie sauf qu’un prix trop modeste ne fait pas sérieux alors qu’un prix trop élevé découragera les éventuels clients. En revanche, il est fortement conseillé de mettre par écrit des conditions de prestations claires qui seront envoyées au client avant toute chose, ainsi qu’un devis qu’il devra vous retourner en mettant « bon pour accord » et en le signant. Ainsi il s’engage par devers vous et en cas de litige, vous êtes normalement assuré d’être payé.

Enfin comment procéder ? Je n’ai pas la prétention de donner de leçons en la matière mais simplement indiquer la façon dont  j’agis. Soit le client est proche, alors  il est possible de l’enregistrer chez lui à l’aide d’un enregistreur numérique, (n’hésitez pas, cependant, à facturer les frais kilométriques, cela fait partie de la prestation), soit il est trop loin, alors une solution est le système « Skype » d’appel gratuit par ordinateur : cela vous permet d’enregistrer votre client de façon simple et rapide. En général, je propose trois  rendez-vous, minimum, par téléphone, d’une durée de 1h30 à chaque fois, et ce, à intervalle d’une semaine. Avant le premier rendez-vous, j’envoie une série de questions qui permettront au client de mettre ses idées au clair : Que voulez-vous raconter ? Pouvez-vous situer le contexte de votre récit ? Quel est l’ordre chronologique des évènements ? Quel but recherchez-vous ?… Ensuite, entre chaque entretien, je mets par écrit ce que mon client m’a raconté de façon à faire quelque chose de cohérent que je pourrai retravailler plus tard. Naturellement des échanges réguliers ont lieu avec le client pour qu’il soit tenu informé de l’avancée des travaux et qu’il puisse avoir en main ce que j’écris et me donner son avis. Une fois ceci terminé il ne reste plus que la mise en page et l’impression de façon à ce qu’il devienne un livre agréable à regarder. Il est d’ailleurs possible d’y insérer des photos. A vous de trouver un imprimeur qui vous fera un beau travail pour un prix raisonnable aux yeux de votre client.

Voilà ce qu’on peut dire pour un récit de vie. Il y aurait certainement beaucoup de choses à rajouter, mais je crois que l’essentiel est dit. Après, nous le savons tous : chaque client est unique et doit être traité comme tel. De même, il est important que le travail d’un écrivain public soit reconnu et respecté à sa juste valeur : ce n’est pas un simple « nègre » même s’il travaille dans l’ombre. Il s’agit de quelqu’un qui veut aider les autres à mettre par écrit ce qu’ils ne pourraient faire eux-mêmes pour diverses raisons.

Un autre problème est que  se lancer dans un récit de vie a un coût : celui de la prestation d’abord. Il variera suivant le nombre de pages que vous voulez écrire ou la durée d’enregistrement de votre témoignage.  Au minimum, comptez 400€ pour un petit récit mais vous irez jusqu’au double pour un récit d’une cinquantaine de pages. Ensuite si vous rêvez à une édition de votre manuscrit je préfère vous faire retomber sur terre tout de suite. Quelque soit la qualité, trouver un éditeur relève du parcours du combattant. 1% des manuscrits sont édités. Pour le reste, vous avez la possibilité de l’auto édition. C’est-à-dire que vous faîtes imprimer et réaliser votre livre en un certain nombre d’exemplaires, ce qui n’est pas forcément donné, charge à vous, ensuite de les écouler au prix que vous souhaitez. Reste, enfin, la solution de l’édition en ligne où sur certains sites, votre ouvrage est mis en ligne et consultable, moyennant un prix que vous aurez fixé préalablement, voire il peut être mis sous forme papier et vendu au prix que vous avez décidé.

Jean-Michel Houssay
Écrivain public

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